Sodomie : Dossier complet sur cette pratique sexuel

sodomie paysage

Pratique considérée comme déviante puisque ne menant pas à la reproduction, entourée des tabous liés aux fonctions excrétrices (l’anus étant concerné), surtout dans les civilisations où ces fonctions naturelles sont jugées honteuses, la sodomie est reçue de manière très diverse selon les sociétés et les religions. De nos jours, certains pays criminalisent toujours la sodomie entre adultes consentants, allant même jusqu’à requérir la peine de mort. La sodomie est aussi très souvent rapprochée de manière plus ou moins automatique de l’homosexualité. Comme si aucune femme ou homme hétéro n’avait jamais ouvert la porte arrière ! Very-friendly vous propose une mini-encyclopédie de la sodomie…

LE MOT

Le terme de sodomie vient du nom de la ville de Sodome qui, selon la Bible, fut détruite par Dieu pour ses mœurs jugées perverses (cf. l’épisode de Sodome et Gomorrhe). Dans cet épisode, il ne serait pas explicitement fait mention de la sodomie telle qu’on la définit actuellement : les habitants de Sodome sont en effet caractérisés par un grand appétit sexuel. En somme, les Sodomites (habitants) ne sont pas forcément sodomites (pratiquant de la pénétration anale) mais juste des gros gourmands…

En anglais, sodomy ne désigne pas seulement la pénétration anale. Dans les expressions comme sodomy law, loi qui régissait les pratiques acceptées ou interdites dans tel ou tel État américain, il fallait comprendre sodomy comme pratique sexuelle jugée déviante, parmi lesquelles, outre la sodomie pouvaient être comptés la fellation et le cunnilingus. Ces lois, le plus souvent, étaient des manières d’interdire l’homosexualité. Elles s’appuyaient sur un cliché faisant des homosexuels mâles des sodomites, alors que cette pratique n’est bien entendu pas acceptée par tous les homosexuels et que des hétérosexuels la pratiquent aussi.

D’une manière similaire, le terme « bougre » (du latin Bulgarus, qui donne l’ancien français bogre) désignait à l’origine les bogomiles (« amis de Dieu » du bulgare Bog « dieu » et mile « ami »), membres d’une secte bulgare hétérodoxe proche des mouvements cathares. On avait accusé ces bogomiles du péché de sodomie afin – entre autres – de les tourner en dérision. « Bougre » en est donc venu à ne plus désigner les seuls Bulgares bogomiles mais aussi par extension les sodomites (le terme était donc injurieux) et, par affadissement, un « gaillard », puis enfin un « individu ». D’où le « sacré bougre » qu’on peut encore parfois entendre dire par un vieil oncle au langage soutenu !

LOIS

Sous l’Inquisition espagnole du XVIe et XVIIs siècles , la sodomie, à l’instar de la bestialité aka zoophilie, était considérée comme un péché abominable. La sodomie était qualifiée de « parfaite » (c’est à dire plus grave) si elle était le fait de deux hommes et imparfaite (donc moins grave) si elle était le fait d’un homme et d’une femme. À noter que le terme incluait secondairement d’autres pratiques sexuelles, telle que fellation, cunnilingus, masturbation, onanisme, etc. La torture était fréquemment pratiquée : y résister était une preuve de bonne foi. Quand le SM est aussi une pratique qui peut sauver…

La sodomie pouvait valoir à ses auteurs soit le bûcher, les galères, la prison à vie ou pour plusieurs années, le bannissement, des pénitences diverses… ou simplement d’être fouetté en public, selon la gravité de l’acte soigneusement pesée par les inquisiteurs. Cependant, dans ce domaine, la justice civile était encore plus sévère et plus expéditive.

En 2003, la Cour suprême des États-Unis a déclaré anticonstitutionnelles les lois de certains états fédérés contre la sodomie. Elles violent le XIVe amendement de la constitution qui protège la vie privée et la liberté des citoyens américains. Treize États fédérés, situés surtout dans le sud du pays, pratiquaient jusqu’alors des lois contre la sodomie entre adultes consentant, dont quatre condamnaient aussi les fellations : le Texas, le Kansas, l’Oklahoma et le Missouri.
Même refus en Angleterre, en Chine, au Nicaragua, et dans certaines îles des Caraïbes. Elle n’a été acceptée en Israël que depuis 1988. Une des premières lois la réprimant fut la loi de 1533 de Buggery en Angleterre. En Inde elle est réprimée par la section 377 du Code pénal de 1860.

En France, où on l’appelait « délit de l’épine du dos » au Moyen Âge comme dans de nombreux pays, la sodomie fut longtemps interdite.
La sodomie disparaît du Code pénal révolutionnaire français en 1791. Au Canada, la loi anti-sodomie est révoquée en 1969 par Pierre Elliott Trudeau, elle demeure néanmoins régie par le code criminel (article 159) où il est stipulé que la sodomie est interdite entre personnes âgées de moins de 18 ans et que sa pratique doit avoir lieu dans l’intimité.
En outre, la sodomie étant jugée comme une pratique le plus souvent homosexuelle, elle est entourée de tabous liés à cette orientation sexuelle. En effet, l’idée qu’un homme pénètre un autre homme porte atteinte aux stéréotypes sexistes voulant que l’homme soit le pénétrant actif, le pénétré passif étant considéré comme inférieur.

FUNNY FACT

Certains appellent la sodomie un 99 en référence au 69. Je vous laisse faire le dessin…

CONTRACEPTION

Dans certains milieux sociaux ou religieux, la sodomie peut également être une alternative à la pénétration vaginale pour ne pas rompre l’hymen de la femme avant le mariage ou éviter la fécondation, comme chez les Perses, où elle a longtemps été fortement recommandée comme un moyen de contrôler les naissances.

La pratique de la sodomie pour préserver l’hymen des jeunes femmes est réapparue en France dans les années 2000, dans les grands ensembles urbains (« cités »). Ceci est une conséquence du repli communautaire et d’un retour des traditions, dont la virginité avant le mariage, qui accompagnent le mal-être social.

RITES

Dans l’Antiquité romaine, un homme libre qui sodomisait ses esclaves manifestait sa puissance. En revanche, un homme libre sodomisé se ravalait à un rang inférieur, et cette passivité était considérée comme honteuse. C’est pour ces raisons qu’on compte, au titre des injures homophobes les plus courantes, des expressions comme « (sale) enculé » ou « va te faire enculer », qui rappellent bien que, d’une manière stéréotypée et inconsciente, celui qui se fait sodomiser, surtout un homme, serait moins qu’un homme, un sous-être.

Une légende veut que la sodomie fût pratiquée comme cérémonie d’intronisation des nouveaux membres de l’ordre des Templiers. Le qualificatif sodomite fit d’ailleurs partie de l’acte d’accusation lors du procès des Templiers.

EXPRESSIONS

Notons que le mot enculer est un synonyme vulgaire du mot sodomiser et que l’injure peut devenir une simple interjection, enculé !, somme toute démotivée et parfois positive voire affectueuse. De même, l’expression va te faire voir chez les Grecs peut signifier va te faire enculer (chez ou par les Grecs) à cause du cliché selon lequel les Grecs seraient homosexuels et donc pratiqueraient la sodomie.

La sodomie est également appelée « pédication » dans un registre plus soutenu. Dans le canular dit « catalogue des prix de l’amour » de Marcelle Lapompe (1910 env.) le terme utilisé est « voyage en terre jaune ». Un manuel taoïste érotique du XIIe siècle nomme le fait de sodomiser « jouer avec la fleur du jardin de derrière »…

L’expression « se faire casser le pot », prononcée par Albertine, suscite le franc dégoût du narrateur proustien59. La scène est prise en exemple au chapitre « Altération » des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes

LA PHRASE

À un juge qui lui demandait s’il était exact qu’il était sodomiste (sic), Paul Verlaine répondit :
« On dit sodomite, monsieur le juge. »

ANTI-NATUREL ?

On a relevé l’existence de la sodomie chez certains animaux, notamment chez des primates comme les chimpanzés ou les bonobos, les chiens, les rats et les taurillons élevés en stabulation, l’homosexualité existant également dans le règne animal (elle a été observée chez quatre cent cinquante espèces, sur environ 1 750 000 connues actuellement), la sodomie y est donc elle aussi présente, bien que ne concernant que les rapports homosexuels.

SEXUALITE

Avant une sodomie, on pratique parfois l’anulingus…
L’anulingus ou anilinctus voire anilingus (en anglais « rimming » ou « rimjob »), ou encore « feuille de rose » en langage populaire, est une pratique sexuelle consistant en l’excitation buccale de l’anus ou du périnée.
Une variante, appelée « le colibri », consiste à enfoncer sa langue le plus profondément possible dans l’anus de son ou sa partenaire. Cette pratique fait allusion au colibri, un oiseau introduisant sa langue dans les fleurs afin d’en collecter le nectar. Une sorte de sodomie bucale !

SANTE

Toute pénétration sans préservatif peut donner lieu à la transmission du VIH (virus du sida), et/ou d’infections sexuellement transmissibles (IST) si l’un des deux partenaires est infecté.
Si je suis pénétré-e : l’éjaculation dans l’anus peut augmenter le risque de transmission (VIH dans le sperme). L(‘anus est une muqueuse très sensible aux virus…
Si je fais une sodomie : la présence de sang dans l’anus est aussi un facteur de risque (VIH dans le sang).
Dans les deux cas, la transmission peut se faire par le frottement de la muqueuse du gland avec la muqueuse anale.
Si l’un des partenaires (ou les deux) est porteur d’une infection sexuellement transmissible (IST), le risque de transmission du VIH est plus important.

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